Chez Fedmind, on te parle souvent de Trouble du Comportement Alimentaire (T.C.A.) puisque certains d’entre eux entretiennent l’obésité. Il en existe une multitude ; certains plus connus que d’autres mais souvent victimes de préjugés, tous autant qu’ils sont. Dans cet article, nous avons décidé de te donner les définitions des troubles alimentaires les plus connus.

 

L’anorexie

L’anorexie (ou anorexie mentale) touche majoritairement les jeunes personnes et est classifiée dans le DSM 5, c’est-à-dire dans le grand manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Les premiers signes apparaissent souvent durant l’adolescence. Cette maladie mentale qui déteint sur l’alimentation touche majoritairement les femmes : l’Inserm annonce que “selon une revue des études épidémiologiques réalisées entre 2000 et 2018, la prévalence de l’anorexie au cours de la vie serait de 1,4% chez les femmes et de 0,2% chez les hommes”.

L’anorexie mentale se manifeste par un refus de s’alimenter normalement de peur de prendre du poids. Les personnes touchées par l’anorexie vont chercher à perdre le peu de nourriture qu’elles emmagasinent par différents moyens : se faire vomir, prendre des laxatifs, faire du sport à outrance, … Leur corps va être très mince, voire maigre. Enfin, les personnes anorexiques peuvent souffrir de dysmorphophobie ; c’est-à-dire le fait de ne pas percevoir son corps tel qu’il est (exemple : le voir plus gros et ne pas percevoir sa maigreur extrême).

Pourquoi te parle-t-on d’anorexie sur un site dédié à l’obésité ? Parce qu’il arrive que des personnes ayant souffert d’anorexie à l’adolescence finissent par être touchées par l’obésité.

Pour plus d’informations sur l’anorexie :

  • https://www.inserm.fr/dossier/anorexie-mentale/#:~:text=L’anorexie%20mentale%20est%20un,associ%C3%A9e%20%C3%A0%20des%20troubles%20psychologiques.
  • https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/anorexie-mentale
  • https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2010-09/3ebat_fs_famillepatient_anorexie_2209.pdf

 

La boulimie

On entend souvent dire : “Je souffre de boulimie.” – malheureusement, cela dénote un véritable manque d’information sur le sujet. Car être boulimique “uniquement”, ça n’existe pas. En vérité, il existe différents types de boulimie.

On distingue d’abord la boulimie restrictive. La personne qui en souffre va alterner des périodes plus ou moins longues de crise alimentaire où elle va beaucoup manger avec des périodes de jeûne, où elle se coupera de toute nourriture pour éliminer ce qu’elle a ingérer durant sa crise. Ces personnes là ont un poids et une apparence physique ni grosse, ni maigre puisqu’il y a une prise alimentaire qui est compensée par de la restriction.

On distingue aussi la boulimie compensatoire. La personne qui en souffre va répondre à une prise alimentaire conséquente (où elle va beaucoup manger pour répondre à une pulsion) par des vomissements, des prises de laxatifs ou du sport pour éliminer “immédiatement” ce qui a été ingéré. Tout comme c’est le cas pour la boulimie restrictive, la personne qui souffre de boulimie compensatoire a un poids et une apparence physique ni grosse, ni maigre.

Pour plus d’informations sur la boulimie en général :

  • https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/boulimie-et-hyperphagie-boulimique/boulimie-hyperphagie-boulimique-definition-causes#:~:text=La%20boulimie%20se%20caract%C3%A9rise%20par,absents%20dans%20l’hyperphagie%20boulimique.
  • https://www.has-sante.fr/jcms/c_2581436/fr/boulimie-et-hyperphagie-boulimique-reperage-et-elements-generaux-de-prise-en-charge
  • https://boulimie-anorexie.ch/les-troubles-du-comportement-alimentaire/boulimie/
  • https://www.cairn.info/revue-gestalt-2006-2-page-87.htm

 

L’hyperphagie

L’hyperphagie (ou boulimie hyperphagique) est un Trouble du Comportement Alimentaire qui touche majoritairement les personnes en obésité. Les personnes qui en souffrent sont prises d’une pulsion ; une envie de manger tellement forte qu’il leur est quasiment impossible d’y résister. A l’inverse de la boulimie classique, les hyperphagiques ne viseront pas à compenser leur prise alimentaire pour éviter le gain de poids : c’est pourquoi ce T.C.A. touche majoritairement des personnes en obésité et donc entretient leur maladie.

Les crises d’hyperphagie surviennent souvent après avoir vécu de grandes émotions, qu’elles soient positives ou non. Cette difficulté à les entendre et à les gérer entraîne la personne qui en souffre à les “manger”, à se remplir pour combler un vide et évacuer un trop-plein à la fois. On dit souvent qu’on “mange nos émotions”. La majorité des personnes qui souffrent d’hyperphagie décrivent les crises comme des “black-out” ; un moment où le cerveau “s’éteint” et où le besoin de manger est plus fort que tout. C’est très compliqué pour ces personnes de se retenir car :

  • C’est un schéma qu’ils peuvent avoir d’ancrer en eux depuis tout petit : leurs parents les calmaient avec de la nourriture, par exemple.
  • C’est un moment totalement irrationnel et comme le cerveau est “débranché”, il est très difficile de reprendre ses esprits et de faire autre chose que manger pour se calmer.

 

Le fameux circuit de la récompense entre aussi en jeu. On t’explique cela de manière très simplifiée : si elle est liée au plaisir, la nourriture viendra stimuler plusieurs endroits du cerveau qui secréteront de la dopamine/sérotonine/etc. … bref : tout un ensemble d’hormones liées au bien-être et au plaisir. On va donc entrer dans un système où, pour “kiffer” et se sentir bien, on comprend qu’il faut aller titiller ses zones-là du cerveau avec quelque chose qui nous fait plaisir. L’hypothalamus (zone du cerveau servant à réguler les besoins – comme manger ou avoir sommeil par exemple) se perd un peu et ne réagit plus et ne réguler plus les sensations.

Le pic de plaisir est quasi-immédiat ; comme lorsqu’un fumeur va fumer sa cigarette, il se sent tout de suite “mieux”. Mais la redescente est tout aussi brutale et si on n’y prend pas garde, on tombe dans un schéma addictif où il nous faut “notre dose” et apaiser nos émotions.

Après une crise d’hyperphagie, les personnes vont très souvent culpabiliser et se dévaloriser. Cela entraîne aussi un isolement, tant à cause de leur surpoids (mal accepté et dont les causes sont méconnues par la société) que parce qu’ils peuvent anticiper les crises et se couper socialement pour y succomber.

 

Pour en savoir plus sur l’hyperphagie et le circuit de la récompense :

  • https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/boulimie-et-hyperphagie-boulimique/boulimie-hyperphagie-boulimique-definition-causes#:~:text=La%20boulimie%20se%20caract%C3%A9rise%20par,absents%20dans%20l’hyperphagie%20boulimique.
  • https://theconversation.com/du-plaisir-a-laddiction-que-se-passe-t-il-dans-notre-cerveau-148701
  • https://www.youtube.com/watch?v=EwzGcojffYo
  • https://www.youtube.com/watch?v=tNtbWSekQCI
  • https://www.youtube.com/watch?v=IyhaioMkfMY
  • https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S001370061630121X
  • https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S000342660900167X
  • https://www.cairn.info/revue-gestalt-2006-2-page-87.h
  • Et plein d’autres !

 

D’autres T.C.A.

Les Troubles du Comportement Alimentaire dont nous allons parler maintenant sont très méconnus et peu étudiés de par leur rareté.

 

  • La maladie de Pica :

Les personnes qui sont atteintes de la maladie de Pica mangent des éléments qui ne sont pas comestibles comme la craie, des cailloux, de la terre, des cheveux, du papier, … Les risques d’une telle conduite l’isolement social, l’intoxication et la détérioration des organes digestifs.

Qu’un enfant de moins de 3 ans porte des objets à sa bouche est tout à fait normal car cela fait partie de son développement. Or, passé la petite enfance, il est nécessaire de consulter un professionnel de santé pour diagnostiquer cette maladie et pour vérifier l’intégrité des organes digestifs !

Malheureusement, il existe peu de sources scientifiques autour de la maladie de Pica chez l’être humain et les personnes qui en souffrent tout comme leur famille ont du mal à trouver du soutien et de l’aide.

 

  • La néophobie alimentaire :

Les personnes souffrant de néophobie alimentaire sont des personnes qui ont peur de manger de nouveaux aliments ou certains types d’aliments. Soit elles ont peur de la texture, soit du goût, soit de l’odeur, soit tout cela à la fois. Bien souvent, ce dégoût ou refus de manger certains aliments se manifeste durant l’enfance et s’estompe peu à peu ; cela fait partie du développement de l’enfant. Mais parfois, cette néophobie persiste à l’âge adulte.

Encore une fois, il existe très, très peu de sources scientifiques à ce sujet pour ce qui est des adultes touchés – et pour être totalement transparents, nous n’en avons aucune. Néanmoins, ne pas en parler comme un T.C.A. ou un T.O.C. (Trouble Obsessionnel Compulsif) serait nier la souffrance des personnes qui en sont touchées. En effet, les adultes souffrant de néophobie alimentaire souffrent d’isolement social et de potentielles carences.

 

  • L’orthorexie :

Ce Trouble du Comportement Alimentaire se manifeste par le fait de refuser tout aliments qu’on juge mauvais pour la santé. Les personnes orthorexiques vont être angoissées à l’idée de manger quelque chose qui n’est pas “sain”. Elles vont s’interdire des aliments de peur de grossir, d’être malade, d'”encrasser” son corps, …

Un tel comportement peut être considéré comme bénéfique pour certaines personnes mal renseignées : « Au moins, elles ne mangent pas de cochonneries ! » pourrais-tu dire. Pourtant, le résultat est néfaste pour les victimes. Encore une fois, on constate un véritable isolement social mais également des carences nutritionnelles et de la dénutrition.

 

En conclusion

Peu importe le trouble dont sont victimes les personnes touchées, leur souffrance est la même. La méconnaissance et la discrimination qu’elles peuvent endurer est tout aussi réel et elles ont besoin qu’on reconnaisse leurs affections.

Dans un futur article, nous t’expliquerons comment diagnostiquer certains T.C.A. et comment les soigner.